MANDULINATA

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Sortie nationale le 21 août

POCHETTE MANDULINATA

On pourrait sur chacun des dix-neuf titres qui constituent ce nouvel opus d’Ange Lanzalavi dire ce que l’on a déjà pensé des précédents, louer au premier chef sa musicalité, puis sa virtuosité, la subtilité de son toucher, le choix délicat des œuvres sans oublier sa capacité à s’entourer d’excellents musiciens. 

C’est d’ailleurs sur ce dernier point que le présent enregistrement apporte le meilleur de la nouveauté, car à une solide équipe des nuits cortenaises il a ajouté le grain et le goût du violoncelle et l’élégance de la guitare classique.

On retrouve, dans le choix des pièces, le même éclectisme qui a toujours guidé ses orientations musicales - d’Anton Karas à Jo Privat ou de Georges Bizet à Turlough O’Carolan - pour n’en citer que quelques-uns. Mais c’est sur les cinq titres dont il est le compositeur qu’il faut tout particulièrement se pencher pour découvrir un peu plus la face secrète du talent d’Ange.

Le duo de mandolines de la Valse corse (1) passe d’un parallélisme tout vivaldien à une alternance des phrases qui n’est pas sans rappeler l’art du chjama e rispondi.

L’original trio que forment pour la Rumanza nustrale (2) le cello, la guitare et la mandoline pour une sorte de tango dont la tonalité est donnée par une romantique introduction, suit et poursuit une véritable illustration de l’art du plectre dans les notes tenues par le tremolo.

La mélodie veloutée d’Angela (7) nous transporte par son rythme sud-américain auquel la présence caractéristique d’un quatro n’est pas étrangère.

On retrouve toute la nostalgie du valzer dans l’Amicu luntanu (8) exécuté de mains de maîtres par le trio cello/guitare/mandoline qui permet à cette dernière de mettre en lumière les aigus diamantés dans lesquels Ange excelle.

On s’attend à voir se mouvoir, en un délicat ballet, des marionnettes enfantines sur cette Musighella (12) découpée en séquences comme un scénario.

Enfin, Ange le sage fait en l’honneur de sa guitariste Sandrina (14) un Caprice, son premier, dans lequel il alterne des trilles sur deux notes avec des notes piquées qui confirment ce que l’on savait déjà, qu’il est un as du médiator !

Toni Casalonga